Le Vietnam, terre de crêpes...

Le 06/05/2014 à 08h02 - Actualité de la crêpe

La renommée de la crêpe bretonne ne reste pas confinée aux seules frontières de la France. Les papilles du monde vibrent au contact de ce met traditionnel. Le Vietnam n’échappe pas à la vague. Le pays possède actuellement sur son sol deux crêperies bretonnes : Le Cap-Breton sur l'île de Phu Kuoc et La Crêperie dans le district 1 d’Hô Chi Minh-Ville.

Deux crêperies pour satisfaire toute une population
Lorsqu’Yves Guernalec découvre le Vietnam depuis plus de 35 ans. Ce fut immédiatement le coup de foudre. Né à Brest, l’ancien marin se retrouve pourtant à des milliers de kilomètres de là pour un nouveau départ : en 2010, il abandonne tout de son ancienne vie pour déposer ses valises au Vietnam. Il choisit de s’installer sur une île quasiment inexplorée du golfe de Siam, appelée Phu Kuoc. Là, il fonde sa crêperie qu’il baptise Le Cap-Breton. L’établissement prend racine du côté de Long Beach, vraisemblablement pour profiter du trafic de l’une des rares routes goudronnées de l’île.
L’autre adresse vietnamienne est La Crêperie, opérationnelle depuis 2012. Le propriétaire, Albin Deforges, a choisi la capitale pour son restaurant, peut-être dans un souci d’une meilleure rentabilité. Côté tarifs, les prix de La Crêperie sont supérieurs à ceux du Cap-Breton, une différence que l’on pourrait expliquer par leur emplacement respectif. Ceci dit, commander une crêpe au Vietnam n’est pas donnée, surtout pour la population locale. Alors que le Smic est environ de 100 € par mois, les prix des crêpes sont quasiment alignés à ceux appliqués en France.
Crêpes Vietnam

Crêperie bretonne aux influences vietnamiennes
Au Cap-Breton, Yves Guernalec a accroché un portrait de l'Oncle Hô à l’entrée de l’établissement. Il s’agit là d’une pratique courante chez les restaurateurs vietnamiens. En fait, dans son établissement, Yves Guernalec a créé un cadre où l’on respire le Vietnam tout en dégustant des recettes de crêpes importées tout droit de Bretagne. Des recettes qui côtoient toutefois des spécialités du pays comme le fameux Hot Pot ou une pléthore de fruits de mer. C’est dans cet esprit d’échange culturel que des détails de décoration en argile, en bambou ou en bois laqué embellissent la salle et agrémentent le service (luminaire, sets de table, meuble…). Cette mixité franco-vietnamienne est un atout de séduction pour faire succomber la clientèle vietnamienne. Celle-ci est réputée exigeante notamment en matière culinaire, étant particulièrement attachée à la cuisine traditionnelle.

Certes, en raison de la colonisation française, les crêpes sucrées ne sont pas nouvelles pour les Vietnamiens. En revanche, la galette de blé noir, laquelle de surcroît est proposée en plat salé, est un concept inédit pour beaucoup de locaux. Ce qui pourrait expliquer leur réticence. Pour contourner ce qui pourrait constituer une barrière culturelle et par conséquent freiner les commandes, à La Crêperie on a trouvé une solution : donner aux galettes de sarrasin une allure de nem en les enroulant. Quant aux garnitures, l’enseigne privilégie également les fruits de mer, ingrédient adoré des Vietnamiens.
Enfin, le gouvernement vietnamien impose une main mise sur les importations, lesquelles sont lourdement surtaxées. Pour s’en sortir, les crêperies proposent avec des produits locaux et se contentent d’importer les ingrédients de base tels que la farine de blé noir ou encore la crème. Cette pratique a pour avantage de donner une couleur locale à leur carte, ce qui séduit également les Vietnamiens.